Votre recherche

I – Les coulisses de la création d’une décoration de Noël originale et artisanale.

I – Les coulisses de la création d’une décoration de Noël originale et artisanale.

Une décoration de Noël originale et artisanale, ça ne sort pas de nulle part. Enfin, si. Parfois ça sort d’une conversation avec un petit garçon de dix ans. Mais on y reviendra.

Avant d’être dans votre sapin, chaque petite mignonnerie est passée par plusieurs étapes : une idée, un dessin, un modèle en terre, un moule en plâtre, des cuissons, de l’émail… et parfois des chemins inattendus. Voici comment naît une création My Dear Sapinou — de la première esquisse au fil de lin.

1- Comment naît l’idée d’une décoration de Noël originale ?

Tout commence par une idée. Mais une idée, ça ne tombe pas du ciel — enfin, pas toujours.

Pour les classiques, j’ai d’abord pensé à l’évidence : Noël, c’est le bonhomme de neige, l’étoile, le sucre d’orge. Les incontournables, ceux qu’on veut tous voir dans notre sapinou. Puis j’ai fouillé mes souvenirs, les vieilles cartes postales, les sapins d’antan. Et là, j’ai retrouvé des choses qu’on ne voit plus beaucoup. Voire plus du tout, à part dans les cartons précieux laissés en héritage par nos chères grands-mères : les moufles, le petit train, le nounours, l’oie à roulette… Ces petits objets qui sentent bon les Noëls d’avant.

Et puis il y a les champignons. Ça, c’est mon obsession personnelle. Taratata, chacun la sienne !

Mais le vrai tournant — celui qui a tout changé — c’est mon fils de dix ans. Un soir, il furète dans l’atelier comme à son habitude, observe un champi en cours de fabrication, et lâche : — Pourquoi tu lui mets pas des bois de renne à ton champi ? Mais oui, mais c’est bien sûr !!! Quel génie cet enfant (normal, c’est le mien :p)

Depuis ce jour, la question qui guide mes créations les plus farfelues est simple : et si on invitait des animaux qui n’ont rien à voir avec Noël à la fête ? Aucune raison de les bouder ! Un pingouin avec des cache-oreilles. Une autruche la tête dans un cadeau. Un bouc avec des cornes en sucre d’orge. Tout le monde est invité !

Décoration de Noël en porcelaine en forme de champignon à bois de renne doré, posée dans des branches de sapin
Le Champi-Renne – suspension de sapin en porcelaine

2. Le dessin : première étape de la création d’une décoration de Noël

Une fois l’idée bien en tête, trois petits coups de crayon, et hop hop hop, je concrétise la petite mignonnerie. Des petits croquis sans prétention faut bien avouer, mais assez clairs pour donner une forme à ce qui tourne dans ma tête. Et parfois, ce qui sort sur le papier est bien mieux que ce que j’avais imaginé.

3. La création du modèle en terre

Vient ensuite le moment de mettre les mains dans la terre. Je pars généralement d’une boule. Je colle ensuite les plus gros éléments comme les oreilles par exemple. Puis j’ajoute de la matière petit à petit.

Au départ, ça ne ressemble à rien. Mais alors, vraiment rien.

Une vague masse informe qui me regarde d’un air affolé. « C’est à ça que je vais ressembler ? » Mais quelle impatience !!! On dirait moi ! (oui, l’impatience est mon plus gros défaut. Et la céramique, malgré toute l’exigence qu’elle demande, ne soigne pas ce défaut-là. Du plâtre versé trop vite, un coffrage monté à la va-vite, et tout dégouline jusque par terre. À chaque fois je me dis que cette fois ça va marcher. À chaque fois, c’est la cata. On ne se refait pas.)

Et puis, à force d’affiner, de pincer, d’ajouter par-ci, d’enlever par-là… ça devient mignon. Potelé, généreux, rond — parce que vous le savez bien, le rond, c’est mignon ! C’est quand je me dis « oh, mais qu’il est choupinou ! » que je sais que la mignonnerie est réussie.

Coulage de décorations de Noël à Liverdun - My dear Sapinou
Coulage de barbotine en porcelaine dans un moule en plâtre

4. Fabrication d’un moule en plâtre pour la porcelaine

Une fois le modèle en terre terminé et validé — par moi, c’est l’avantage et l’inconvénient d’être à son compte, on décide tout toute seule — vient l’étape du moule en plâtre.

Je fabrique mes moules moi-même.

Chaque moule est bien évidemment fait sur mesure pour la pièce qu’il va accueillir. C’est une étape que j’aime beaucoup. C’est très technique, ça ne pardonne pas l’erreur, ça passe ou ça casse ! Ce que par contre je n’aime pas, c’est le savonnage. Savonner et désavonner le plâtre pour éviter qu’il ne prenne sur lui-même. C’est long, c’est répétitif, inintéressant, et je déteste ça. Voilà, c’est dit.

Un moule supportera de tirer entre 100 et 150 pièces — ça dépend de beaucoup de choses, et surtout de la façon dont je m’en sers. Après ça, il est tellement fatigué le pauvre petit chou, que je dois le refaire. Bah oui, il n’a plus soif à force. Il est imbibé d’eau et ne tire plus (son rôle est d’absorber l’eau de la porcelaine de coulage — mais c’est une autre histoire que je vous raconterai peut-être une autre fois). Ce qui veut dire qu’il ne s’agit pas de faire un moule et hop, je fais des tirages à l’infini ! Non non non, ce serait bien trop simple -_-

5. Le coulage et le démoulage de la porcelaine

Me voilà enfin à l’étape du coulage. Je verse donc ma porcelaine liquide (qu’on appelle la barbotine) dans mon moule en plâtre.

Le plâtre absorbe l’eau, la paroi de porcelaine s’épaissit progressivement, et après quelques minutes, je vide l’excédent, et là… j’attends encore. Patience… patience….

Parce que démouler trop tôt, c’est pas la meilleure des idées. La porcelaine colle aux parois, se déchire, et adieu la petite future mignonnerie. Et il faut tout recommencer avec un plâtre déjà imbibé… Vous vous souvenez de mon problème d’impatience ? Eh bien voilà voilà. Malgré l’expérience accumulée depuis des années, il m’arrive encore de m’engueuler pour cette foutue histoire d’impatience :p Mais bon.

Pendant ce temps, la terre s’est rétractée en séchant un peu, et s’est décollée du moule toute seule. Pour une fois, je n’y suis pour rien :p. J’ouvre le moule délicatement, partie par partie, avec moultes précautions, il ne s’agirait pas d’y aller trop vite et de tout déformer. Parce que la mignonnerie à cette étape est encore toute molle. Et là WAAAAAAAH, apparaît la future décoration de Noël en porcelaine, encore fragile, encore humide, mais déjà reconnaissable.

Je la pose délicatement à côté du moule, que je referme aussitôt. Ça s’est fait !

Coulage de la barbotine de porcelaine dans des moules en plâtre
Coulage de barbotine de porcelaine dans les moules en plâtre My Dear Sapinou
Démoulage d'un trio de champignons en argile crue, avant cuisson en porcelaine
Démoulage délicat d’un trio de champignons en argile crue.
Assemblage à la main d'un trio de champignons en argile crue
Assemblage à la main d’un trio de champignons, avant finissions et cuisson.

6. L’assemblage des différentes pièces en porcelaine

C’est bien joli de couler, mais certaines formes ne peuvent pas se mouler telles quelles, il faut couler plusieurs éléments, puis les coller ensemble. Donc naturellement, l’étape d’après, l’assemblage.

Pour un champignon par exemple, je griffe la terre aux endroits où les éléments vont se rejoindre, j’applique de la barbotine — ma porcelaine liquide — et je serre. Et PAF ! Ça colle. Magie de Noël ! :p

Bon. La barbotine déborde un peu. Il faut nettoyer, lisser au pinceau, jusqu’à ce que tout soit parfaitement… lisse. C’est long, minutieux, délicat, et c’est là aussi que ça peut virer à la cata. Un élément mal collé, un coup de pinceau un peu trop énervé, et hop, il se décroche. Adieu la petite mignonnerie telle qu’on l’avait imaginée. Bonjour la version improvisée.

Ah, et j’allais oublier — le petit trou ! Celui dans lequel viendra se glisser l’accroche. Parce que sans lui, la future décoration de Noël artisanale se transforme en déco à pincer sur le sapin. C’est bien aussi vous me direz. Heureusement, parce que ça m’arrive souvent !

Peinture à la main d'une décoration de Noël en porcelaine
Étape peinture – décoration des suspensions de sapin My Dear Sapinou

7. Émaillage, finitions, cuissons et montage de l’accroche

Deux cuissons. Ehhhh oui… La première — qu’on appelle la cuisson biscuit — est la moins enquiquinante. Je peux empiler toutes les décorations de Noël en porcelaine les unes sur les autres, jusqu’à même en faire un gros tas. Tout en restant précautionneuse bien sûr. À ce stade, c’est encore fragile ces petites bêtes-là. Quarante-huit heures plus tard, j’ouvre le four. Rien n’a bougé. Je peux décorer. Easy !

Décorations de Noël en porcelaine après la première cuisson dans un four de potier
Décorations de Noël biscuitées « My Dear Sapinou »
Après le sauna à décorations de Noël, il faut les peindre, émailler, faire faire le grand bain aux petites mignonneries… Il faut enlever l’émail qui déborde, poncer les petites imperfections… et hop, direction la deuxième cuisson.

Là, c’est une autre histoire. Chaque pièce doit être soigneusement écartée de ses voisines — si elles se touchent avant cuisson, elles sont collées pour la vie. Ça peut être choupi ceci-dit. Optimiser la place dans le four avec plusieurs étages, tout espacer, tout vérifier… c’est long. C’est très long.

Cuisson biscuit de décorations de Noël en porcelaine
Cuisson biscuit des décorations de sapin « My Dear Sapinou »
Cuisson émail de décorations de Noël en porcelaine
Cuisson émail des décorations de sapin « My Dear Sapinou »

Et puis j’attends. Et j’attends encore. Parce qu’on n’ouvre pas un four à émail avant qu’il soit redescendu à 80°C. Pas avant. Qui a dit que je n’étais pas patiente ?

Quand enfin je l’ouvre ce four… c’est le verdict. L’émail peut avoir une mauvaise couleur, des manques, des fissures… Il est rare d’avoir un four parfait. Celles qui ne sont pas tout à fait comme prévu ? Je les appelle mes mignonneries à bonne trogne. Elles restent mignonnes, oui, mais elles ne peuvent pas être vendues comme les autres.

Pour « les parfaites » — il reste une dernière étape : accrocher l’œillet et le fil de lin.

DING DONG. C’est enfin prêt !

Décoration de Noël artisanale en porcelaine disposées à côté de leur packaging
Décorations de Noël en porcelaine My Dear Sapinou et leur packaging

Voilà. De l’idée griffonnée sur un bout de papier au fil doré noué, il s’est passé beaucoup de choses. Des heures de travail, un peu de plâtre sur les mains, quelques ratés, et beaucoup de petits moments de bonheur.

Quand je tiens la pièce finie entre mes mains, je suis fière. Je la trouve belle, mignonne. Et je suis toute contente — comme une enfant — à l’idée qu’elle va peut-être trouver sa place dans votre petit sapinou.

Parce que c’est ça, finalement, une décoration de Noël artisanale faite main : des heures de travail invisible. Mais la récompense ne se compte pas qu’en sousous dans la popoche — c’est aussi de savoir que mes créations ont su vous toucher. 🙂

 

Découvrir la collection My Dear Sapinou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *